Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 17:52


La petite famille néo-montréalaise fait son retour sur le blog. Telle une famille ours qui ouvre les yeux pour la première fois de l'année, nous sortons de notre hibernation temporaire. Après la longue trêve hivernale, le réveil se fait en douceur. Les membres et les doigts engourdis se réchauffent progressivement aux premiers rayons de soleil. Nous sommes désormais en mesure de vous donner des nouvelles ;))) ... printanières.



Pour les moins perspicaces d'entre vous et peu au fait de l'actualité, je vous annonce que nous sommes bien au printemps. Pour les autres, prenez ça comme un simple rappel. Ici, à la métropole, la fin de l'hiver nous a réservé de bonnes surprises. Tant sur le plan professionnel que météorologique. Vos deux fidèles correspondants de "Parmesan sucré" se feront un plaisir de vous conter leur nouveaux parcours respectifs dans la vie active québécoise dans les prochains jours.
 


Aujourd'hui, c'est l'occasion idéale de vous parler du temps. Pas de celui qui s'écoule dans le sablier mais celui qui est au-dessus de nos têtes. Je ne sais pas si votre grenouille vous a fait un bilan de votre saison froide mais, sachez qu'ici, le mois de mars fût exceptionnel, aussi bien en terme d'ensoleillement que de température. Un mois de tous les records ! Quasi absence de chutes de neige ou de pluie et des pointes de chaleur d'anthologie. Pour preuve, les mardi 24 et samedi 28 du mois dernier, on a atteint des sommets. +17°C dans certains quartiers de Montréal. Donnée météo officielle et qui, pour mémoire, fait référence à une valeur sous abri. Sous les chaudsrayons et avec un taux d'humidité de 58%,  on flirtait allègrement avec les +23°C. Alors amis du sud de la France, c'est avec un malin plaisir que je fais cette parenthèse climatique, d'autant que le Richard Virenque du grand nord n'en menait pas large quand il était sur son vélo en février. Je savoure donc ce moment  avec délectation comme on déguste une bonne bouillabaisse sur le bord de la Méditerranée par une belle journée d'été et bercé par le chant des cigales provençales. On peut le dire sans vergogne, la jouissance était sans retenue. Cependant, rien d'exceptionnel dans ce petit plaisir personnel. Ici, tout le monde a pris son pied. Les robes courtes ont fait leur apparition au grand bonheur de la gente masculine et cette dernière répondait, du tac au tac, en dévoilant au sexe faible ses mollets sous les pantacourts. Je connaissais vaguement la légende du grand streap-tease de la saison verte mais je confirme maintenant que mon idée sur la question était bien en dessous de la réalité. D'autant que ce déshabillement général typiquement montréalais se déroule, au mieux, fin avril début mai. Comprennez donc notre surprise de frenchies de la Côte d'Azur quand, un jour d'hiver, vous êtes vêtu de votre épais manteau et que le lendemain, c'est tenue légère pour tout le monde. En toute sincérité, je peux vous le dire, il faut le voir pour le croire. Après réflexion, j'aurais dû m'en douter, car les prémices d'un tel comportement me sont apparus progressivement durant tout le dernier mois de l'hiver. Mais je mettais ça sur le compte de l'excentricité de quelques individus et je réalise, maintenant, que c'était, en fait, l'arbre qui cache la forêt. Nos cousins français sont tellement empréssés d'en découdre avec la saison blanche que, dès les premières belles journéés du printemps, ils se métamorphosent en habitant de l'hémisphère sud. N'y voyez rien de marseillais dans mes propos, plusieurs de nos nouveaux amis québécois nous ont confirmé cet aspect extravagant et débordant de la nature des montréalais. Les professionnels de la brasserie et de la restauration ne sont pas en reste. Ils contribuent également à cette légèreté en sortant tables et chaises sur leur terrasse dès les premiers rayons de soleil. Et même si le thermomètre affiche un petit 8°C et que la neige est parfois présente à quelques dizaines de mètres des consommateurs. A ce propos, en cette saison, n'oublions pas que la neige ou la glace noire comme on dit ici (accumulation persistante salie par la pollution, généralement à l'ombre et sous le vent, et préservée du passage des hommes et des engins mécaniques) met un temps fou à fondre si personne ne la casse. Chance pour tout le monde, les nombreuses journées clémentes de ce mois de mars ont accélérées prématurement la disparition de ces amas gelés et peu esthétiques.




Avec toutes les composantes réunies, nous avons eu la sensation d'être au printemps voire en été dans les rues de Montréal même si l'hiver n'a pas officiellement tiré sa révérence. Dernier fait marquant et débousselant pour des anciens méridionnaux comme nous, c'est le décalage abyssal entre l'impression et la réalité. Je m'explique. Par impression, j'entends le désir effreiné des métropolitains d'être au printemps. Il se traduit par : un peu de soleil, un ciel dégagé, des températures considérées ici comme agréables, des terrasses de café ouvertes, des tenues vestimentaires en version "light", des cyclistes omniprésents, des piétons nonchalants prêts à discuter à tous les coins de rues... Par réalité, mon vécu et mon expérience du printemps me renvoient aux éléments suivants : du monde à l'extérieur, du soleil, un ciel bleu profond dégagé par le Mistral, un mercure généreux .... et, surtout, une nature en floraison. Comme disait Coluche, "c'est tout pareil sauf que" ici les arbres et les fleurs entament à peine leur phase de bourgeonnement. On verra, au mieux, les premières feuilles vertes et premiers boutons de fleur qu'au début mai. Une nuance importante qui fait la différence.





En conclusion , pas question de tomber dans le registre du "maudit français". Cette fin d'hiver a été des plus agréables et ce qui est bon à prendre a été pris. Espérons que le mois d'avril fasse palir celui de mars. Du même coup, nous deviendrons, sur le plan météorologique, les résidents permanents 2008 les plus chanceux de ce siècle et du précédent également. Pas d'euphorie excèssive, pardon "montréalaise", on vous fera un point dans 30 jours.


  

Provolone picante con zucchero.



Par Parmesan sucré
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  • 22/07/2008
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