Depuis l'âge de mes 18 ans, je conduis une automobile. Aujourd'hui, je comptabilise 25 ans de volant et 25 ans de dépendance totale aux 4 roues. A qui la faute? Certainement à
moi. Mais, à bien y réfléchir, la responsabilité incombe également à notre système économique capitaliste aveugle. Ce dernier fait croire à qui veut bien l'entendre (c'est à dire à une
grosse majorité d'entre nous) que l'autonomie de tout adulte commence nécessairement par l'achat et l'utilisation intensive d'un engin motorisé. Face à cette prise de conscience, certes tardive
("mieux vaut tard que jamais" comme dirait une personne proche qui maîtrise à merveille l'art du lieu commun ;)), Dume s'est engagé, "tête baissée", dans le comportement citoyen et
écologique.
Avec Domfille, nous avions pris une décision importante avant notre départ pour Montréal. Pas
question d'acheter une auto en résidant au cœur même de la métropole québécoise, et ce, pendant au moins un an. Pourquoi s'entêter à devenir propriétaire d'un "char" quand notre nouvelle ville
d'accueil est si bien desservie par ses transports en commun et son réseau de pistes cyclables ! Les commodités urbaines comme le métro et les lignes de bus sont à proximité de notre maison.
Elles nous confortent dans notre volonté de réduire au maximum les déplacements à 4 roues. Je dois bien vous avouer que c'est pas chose facile tous les jours surtout pour des anciens accros de
l'auto comme nous. Il serait malhonnête de ma part de crier haut et fort façon "fanfaronnade marseillaiiiiiiiiiiiise" que la possession machiste d'un volant est un lointain souvenir.
Heureusement, pour nous aider dans cette tâche difficile, les Dom-Dom s'appuient occasionnellement sur le système de la location communautaire et sur Nico. Nico? Qui, que, quoi, comment,
pourquoi... ce Nico. Nico comme Nicolas, bien sur ! Pas celui de l'Espace Europea Boutique mais notre nissarte montréalais, Nico le Grand. Un niçois à nul autre pareil et d'une nature généreuse
sans égal. Il possède une berline Toyota qui nous a dépanné à multiples reprises. L'autre alternative, c'est "AUTOPLATEAU", la société de location d'automobiles à vocation communautaire. Cet
organisme d'un genre nouveau propose à leurs adhérents (moyennant une cotisation à l'année) une gamme complète de véhicules à louer à l'heure, demi-journée, jour, semaine ou même au mois. Le
tout a des prix hyper compétitifs. A titre d'exemple, une Yaris 4 portes se loue 9€ TTC pour 3h, carburant, assurance et 50km compris sans aucun autres frais. Cette formule concerne, bien
entendu, les personnes dont les besoins se limitent à des déplacements urbains. Au-delà, les loueurs internationaux comme Avis, Hertz etc... proposent des prix plus concurrentiels. Et le reste
du temps, me direz-vous, comment s'arrange la famille Imperato dans son quotidien ? Rien de révolutionnaire : le pédibus jambus demeure le plus adapté à nos besoins. Pour rappel, ça coûte pas
cher et ça fait du bien au corps ! C'est d'autant plus facile pour nous que la plupart de nos trajets se limitent dans un périmètre de quelques hectomètres autour de la maison. L'école de
Gianni est à 450m de notre condo, le supermarché est carrément à 1mn de notre porte d'entrée, la boulangerie guère plus loin et le métro pointe à moins de 5mn.
Blablablabla... Oui, je vous vois venir les lecteurs assidus du blog. Quid de la distance entre notre maison au
Plateau et le lieu de travail de Dume? Je ne peux rien vous cacher. 4km séparent mon nid douillet du Vieux-Port, quartier historique où se trouve précisément la fameuse boutique Espace Europea.
Deux options se proposent à moi : le métro et le vélo. La première reste une valeur sûre car elle me transporte porte à porte, de chez moi au boulot en moins de 20mn, et en 4 stations,
seulement ! Petits inconvénients : les rames sont bombées aux heures de pointe et bonjour les bonnes odeurs corporelles. L'autre, celle que j'ai définitivement adoptée, me rend heureux comme un
enfant grisé par ses premiers coups de pédales. J'effectue mon parcours quotidien en moins de 13mn... les jours sans neige ;((( Quand le blanc manteau s'empare de la ville, et c'est le cas
pendant plus de 4 mois, quelle solution me reste-il? Le 2 roues, of course ! Pour ceux qui doutent de mes propos, je vous invite à visionner mes vidéos. Les séquences en live, prises avec mon
cellulaire, sont sans équivoques sur la véracité de mes actes. Pour le moment, je tiens le choc assez facilement car mon côté maso et grand enfant trouvent "du fun" à glisser sur le verglas
et/ou la neige fraîche. Mon compteur de chutes est toujours vierge à ce jour. à la première grosse gamelle, mon euphorie puérile risque
certainement d'en prendre un coup. J'agirai donc en conséquence. Pour l'instant, je maîtrise la bête au point où mon plus lent trajet se chiffre à 20mn. C'était le 17 décembre dernier, sous un
doux blizzard, neige tombante et verglas sous les pneus. Vous me croirez ou non mais en 3 mois de "bicycle", j'ai rarement affronté des conditions vraiment défavorables sur mes deux
allers-retours journaliers. De mémoire, une petite pluie a du me caresser les joues à 2 ou 3 reprises, soit à l'aller soit au retour. Idem pour la neige ou le vent. Madame Météo veille
certainement sur moi. Jusqu'à quand? J'en sais rien. Au travail, ma camarade Julie me qualifie régulièrement de "merdeux". Ici, ça signifie chanceux ! Il y a du vrai dans tout
ça.
Oyez amis du Sud de la France. Si vous croisez Richard Virenque sur la route, dite lui que Dume
Aux Gros Mollets l'attend de pieds fermes sur les routes enneigées de Montréal. On verra bien qui, de lui ou de moi, franchira, en plein blizzard, la ligne d'arrivée du sommet du Mont-Royal. A
l'insue de son plein gré, j'arriverais le premier !!!!
Provolone picante con zucchero.
cvvbb